Une pensée, plusieurs formes

Photographie, sculpture, installation, vidéo : pour Augustin Rioux, chaque projet appelle sa propre forme. L’artiste détermine et mobilise les moyens nécessaires pour donner à l’œuvre sa portée spécifique. Derrière cet éventail de formes se déploie une même pensée, qui assure l’unité de l’ensemble. Les matériaux, les images, l’espace et la temporalité propres à chaque œuvre en actualisent différentes facettes.

Cette pensée se déploie à travers une œuvre-mère, une matrice vivante à partir de laquelle les créations naissent et prennent forme. Chaque projet en actualise une possibilité particulière. Tout en conservant leur existence propre, les œuvres entrent librement en relation : les correspondances qui apparaissent entre elles reconfigurent à leur tour la matrice et ouvrent de nouvelles possibilités de création. Les fleurs de l’œil se développe ainsi dans un mouvement continu entre ce qui existe déjà et ce qui reste à advenir.

Une matrice vivante

Une dramaturgie des relations

Une dramaturgie organise ces relations sans imposer un parcours ou une lecture unique. Le sens émerge d’abord de la rencontre avec une œuvre particulière : l’attention du spectateur, les associations qu’il établit et son expérience propre participent à ce qu’il y découvre. Cette expérience peut ensuite se transformer au contact d’autres créations, rencontrées plus tôt ou plus tard. De nouvelles correspondances apparaissent alors, déplaçant à leur tour la perception des œuvres et de l’ensemble auquel elles appartiennent.

Une expérience du monde

Les fleurs de l’œil trouve son modèle dans notre expérience du monde : nous construisons du sens en reliant ce que nous voyons, vivons et rencontrons, tout en demeurant confrontés à une réalité plus vaste que ce que nous pouvons en saisir. L’œuvre devient alors un espace de disponibilité où le regard peut s’attarder, établir de nouvelles relations et laisser la pensée se déployer à travers les formes.