





Chants dérobés
Chants dérobés prend naissance autour de dix chapitres retirés d’un ouvrage avant sa publication. Préservés mais définitivement soustraits au regard, ils sont enfermés dans dix sculptures en forme de coffrets évoquant le coffre-fort, qui leur donnent une présence matérielle tout en les maintenant hors d’atteinte. Cette frontière entre public et privé alimente la dramaturgie du projet : les sculptures donnent l'indice d'un contenu jugé trop personnel pour être rendu public, et pourtant trop précieux pour être détruit. Dans un monde saturé d’images où tout semble visible, Chants dérobés rappelle que voir ne signifie pas connaître : comme ces coffres muets, chacun porte en soi une part de mystère.


Le silence nécessaire










Prototype


Nouveau projet




Détail des œuvres
Prototype
Le prototype donne à l'un des dix chapitres retirés la forme d'un objet de mémoire. Ses dimensions, proches de celles d'un paquet de feuilles format lettre, maintiennent un lien avec l'écrit. Le manuscrit, placé entre des lamelles de verre, repose dans un coffre de chêne blanc, lui-même enfermé dans un lourd sarcophage d'acier. Une malédiction cryptée, sérigraphiée à l'intérieur du bois, renforce l'analogie archéologique et dissuade toute tentative d'intrusion. Même sans connaître la dramaturgie du projet, la sculpture laisse deviner qu'elle renferme quelque chose. La démarcation entre la base et le couvercle en constitue l'indice — un contenu inaccessible, dont la part d'inconnu ouvre un espace à l'imagination.
Nouveau Projet
La nouvelle version des dix sculptures reprend le principe du sarcophage dans une forme compacte. Chaque texte retiré est inséré dans un bloc de tilleul sur lequel est gravée la malédiction cryptée ; ce cœur de bois est placé dans un coffre d’acier marqué d’un signe composé à partir des symboles du silence en notation musicale, lequel identifie le chapitre et représente l’unique indice de ce qu’il renferme. Le texte enfoui ne constitue pas un contenu absent de l’œuvre : son inaccessibilité renforce au contraire sa présence. Ce qui demeure soustrait au regard agit sur ce qui est visible et empêche la sculpture de se réduire à sa seule surface. À l’instar de la musique, où le silence appartient à la composition, son mutisme devient une force à part entière — une invitation à écouter ce qui se trouve derrière l’apparence.
Série: 10 œuvres
Ex: ???
Dimension: 13 x 16.5 x 6.5 cm
Édition: 21 exemplaires
Acier, tilleul avec inscriptions gravées, manuscrit (papier et encre).
Dimension: 24 x 31.5 x 7.5 cm
Pièce unique
Acier, chêne blanc, verre, manuscrit (papier et encre) et inscription sérigraphiée



